Exil

Le Centre Woman’Dō est spécialisé dans l’accompagnement de femmeset de jeunes filles qui – après avoir grandi et passé une grande partie de leur vie dans un pays étranger à la Belgique – se retrouvent « exilées » en Belgique, suite à des violences qu’elles ont fuies.

Aux traumatismes qu’elles ont développé en lien avec les violences fuies, s’ajoutent les difficultés et violences de l’exil– vécues du fait-même de leur exil et des conditions de celui-ci.

Exilées, ces femmes ont nécessairement un parcours d’exil, durant lequel elles ont parfois connu de nouvelles violences de genreterribles – telles que viols à répétition, séquestration, prostitution forcée… – et de nouveaux traumatismes liés, exacerbant ceux directement liés aux violences qu’elles ont fuies.

Aussi, être loin de leur famille, de leurs proches et de leurs racines et « repartir de zéro »représente souvent une source de souffrance psychique majeure pour des personnes exilées, même si pour les femmes référées à notre Centre, mis à part le déchirement terrible d’être loin de leurs enfants, la souffrance vécue au pays fut souvent telle que les situations ne sont pas rares où peu de manque est ressenti par rapport à leur vie et leur situation d’avant l’exil.  Il est fréquent que ces femmes ne puissent évoquer aucun bon souvenir de leur enfance et de leur vie au pays…

Souvent, les femmes exilées qui nous sont référées ont dû laisser un ou plusieurs de leurs enfantsdans le pays qu’elles ont fui, et cela représente alors le plus souvent une souffrance psychique terrible – insupportable – pour elles au quotidien. Cette souffrance spécifique et surtout la perduration de celle-ci est toutefois davantage liée à leur précarité de séjour qu’à leur exil, dans la mesure où elles pourront faire venir leurs enfants dès lors qu’elles seront reconnues réfugiées (et pour autant que les enfants soient alors toujours mineurs).

Par ailleurs, par le fait qu’elles sont exilées, qu’elles n’ont pas grandi ici, ces femmes ont nécessairement des repères, des références culturelles, des vécus, qui peuvent à maints égards différer – entre elles et – de ceux que nous connaissons, colorant leur vécu et leur possibilité et modalité d’expression de celui-ci.  Aussi, pour elles, ici, souvent, au début, tout est nouveau, et incroyablement différent de ce qu’elles connaissaient. Elles vont dès lors également se construire une culture de l’exil, qui va colorer encore différemment leur vécu, leur souffrance, leurs besoins, leurs désirs.

Il est important de tenir comptede toutes ces dimensions et particularités de la « clinique de l’exil »dans la rencontre et l’aide qui leur est proposée. Le Centre Woman’Dō propose une prise en charge spécialisée tenant compte de ces particularités de la clinique de l’exil, avec son approche spécifique et intégrée, à dimensions  notamment transcuturelle, psychocorporelle et psychosociale qu’elle comprend.